Discours du Président de l’Union

Monsieur le Préfet,
Mesdames Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Président du conseil d’administration
du SDIS,
Madame et Monsieur les Conseillers Généraux,
Monsieur le maire de Bétigny-sur-Orge,
Monsieur le Directeur Départemental de l’Essonne,
Monsieur le Directeur Départemental du Val
d’Oise et DDA de Seine-et-Marne,
Messieurs les Présidents des Unions
départementales du 78, 95,
Messieurs et Mesdames les officiers, sousofficiers, caporaux et sapeurs,
Chers Jeunes sapeurs-pompiers,
Mesdames, Messieurs,


Avant même de débuter les interventions à la tribune, je vais demander à chacune et chacun de vous de respecter quelques minutes de recueillement en la mémoire de nos 50 collègues morts depuis notre dernière Assemblée Générale dont 11 décédés en service commandé en dehors de notre Département.


Je tiens tout d’abord à remercier Monsieur Le Maire et toute son équipe pour avoir répondu dans un premier temps favorablement à notre
demande, puis dans un second temps pour nous avoir réservé un accueil chaleureux en ce rendez-vous incontournable, qu’est celui de notre de  notre 50ème Assemblée Générale.


Merci également à vous tous, qui êtes de plus en plus nombreux à être présents et qui portés un intérêt particulier aux valeurs que nous défendons au quotidien.


Merci enfin à vous, Monsieur Le Préfet, vous, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, vous, Monsieur Le Président du Conseil
d’Administration, vous Madame et Monsieur les Conseillers Départementaux et bien sûr vous, Monsieur le Directeur Départemental de notre SDIS, pour avoir bien voulu nous honorer de vos présences.
Mon discours débutera par notre actualité et notamment les différents sujets abordés à l’occasion du 125ème congrès organisé à Bourgen-Bresse en septembre dernier, suivi de quelques projets que les membres du Conseil d’Administration de notre Union Départementale et moi-même avons souhaité aborder.


Comme vous le savez notre actualité opérationnelle montre la prégnance des enjeux de sécurité civile…. Des évolutions de notre société, avec notamment l’explosion du SUAP et la menace terroriste, en passant à la multiplication des crises liées au dérèglement climatique, il est vital que notre nouveau ministre de l’Intérieur face de notre mode Français de sécurité civile une de ses priorités d’action politique. Il faut qu’il concrétise l’ambition exprimée par le président de la République il y a aujourd’hui plus d’un an, le 6 octobre 2017, à l’occasion de son discours de remerciements aux forces mobilisées durant les catastrophes de l’été 2017 :
« La République, elle se tient par cet engagement.


Ce n’est pas un décret, une loi, un texte qui fait la République ; c’est ce souffle qu’il y a dans chacune et chacun d’entre vous qui fait qu’on
se dépasse quand les moments durs sont là, qui fait qu’on se dépasse quand on sent l’angoisse et le besoin chez nos concitoyens, qui fait qu’on est
ce point de repère, celui ou celle qui sauve.

Vous étiez là à ce rendez-vous, alors la République est fière de vous et la République continuera dans les années qui viennent, à accompagner ce que
vous êtes parce que nous en avons besoin. » Aussi ce message de reconnaissance ne doit pas rester en vain et il doit être suivi de faits au
travers de 4 actions à menées, l’une portant sur une transformation ambitieuse de la politique de secours d’urgence aux personnes, la seconde sur la consolidation de la force « sapeur-pompier », la troisième sur la concrétisation de l’ambition de faire de chaque citoyen le premier acteur
de sa sécurité et de celle des autres, la dernière portant sur une meilleure association des sapeurs-pompiers à la préparation et à la gestion des crises.
I-Une transformation ambitieuse de la politique de secours d’urgence aux personnes (SUAP) :
En introduction à son allocution le Président FAURE soulignait le fait que la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers Français avait imaginé notre futur en publiant en 1990 une bande dessinée intitulée « 2018 – les héros
de l’impossible». Ceux qui avaient conçus ce document avaient été pour le moins clairvoyants. Ils avaient imaginé la départementalisation, la
pluralité de nos missions, le développement des secours spécialisés, la création d’une force européenne de protection civile, l’enseignement
généralisé des gestes qui sauvent… Bref, beaucoup de choses, sauf une. L’explosion du secours d’urgence aux personnes, car partout en France le constat est le même : l’activité du SUAP explose. Plus de 40 % en 10 ans
et plus de 10% depuis le début de l’année dans de nombreux départements. Au-delà des traditionnelles situations d’urgence, se sont les détresses sociales, psychologiques, voire psychiatriques qui sont en constante progression.

De par leur présence sur l’ensemble du territoire et de leur volonté de proximité avec les populations, Nous, Sapeurs-Pompiers de France, sommes devenus les premiers acteurs du SUAP, compensant les carences et les
réorganisations du système de santé.


Avec une demande sociétale de plus en plus impérieuse, diverse, pressante, mais encore un délitement des solidarités traditionnelles, un système de santé en crise, une offre de soin rare et inégalitaire, les sapeurs-pompiers
sont devenus une variable d’ajustement à notre système de soin. Les Sapeurs-Pompiers assurent seuls cette mission dans 95% des cas, avec une
régulation reposant sur une loi (AMU) datant de 1986, basée sur des pratiques qui considèrent que les sapeurs-pompiers sont des sous-traitants !
Il devient donc urgent qu’il y ait un changement complet de paradigme et que notre actuelle organisation soit profondément modernisée au
travers d’une politique claire.

Pour se faire, il faut que cette nouvelle politique s’appuie sur deux enjeux majeurs :
– La demande de secours du citoyen à travers son appel téléphonique (chaque appel doit être traité),
– La réponse que nous allons lui apporter.

Aussi il faut pour y arriver :
– Que nous sortions des vieilles représentations et des schémas dépassés,
– Que les sapeurs-pompiers ne soient pas considérés comme de simples brancardiers
– Des « effecteurs du relevage » comme l’écrit trop souvent pompeusement la santé,
– Que la prochaine organisation ne nous place plus comme des sous-traitants des SAMU, et dans laquelle les SDIS comblent et paient les carences de la Santé !
Pour mémoire nous effectuons seuls au quotidien la quasi-totalité des missions de secours d’urgence aux personnes. Le SMUR est avec nous moins d’une fois sur 10. Ce n’est donc plus une mission partagée ! C’est donc
devenu une mission sapeur-pompier, avec appui possible des SMUR et nous devons en tirer les conséquences !
Parmi les solutions proposées :
1/ La création partout en France de plateformes départementales interservices avec comme numéro unique le 112. Même si nous avons
en Essonne un CDAU qui regroupe Sapeurs-Pompiers/SAMU, c’est l’ensemble des services autour de ce numéro unique qui est attendu, police comprise.
Les annonces de l’ancien ministre Gérard COLLOMB doivent être  concrétisées, le but étant de :
– Garantir une réponse rapide et efficace à tous les appels d’urgence, en simplifiant la demande de secours à travers le parcours téléphonique, mais aussi en modernisant la régulation médicale devenue bloquante,
– Permettre le déclenchement immédiat des secours en cas d’urgence avérée,
– Renforcer la coopération interservices (avec un enjeu de protection des SapeursPompiers contre les agressions via l’accompagnement par les forces de l’ordre comme je vais l’évoquer dans quelques instants).
Si le choix est fait de maintenir une réponse téléphonique à l’hôpital, comme le souhaite SUdF, avec une adjonction d’un numéro d’assistance santé dédié aux demandes de soins non programmées – vocation du 116-117
comme le préconise le député Thomas MESNIER

– la compréhension de nos concitoyens sera plus que douteuse. C’est pourquoi il convient de définir une architecture lisible pour tous,
efficace et budgétairement soutenable car les SDIS ne pourront pas durablement soutenir une augmentation annuelle du nombre d’interventions en constante évolution.
La FNSPF a demandé à ce sujet la parution du décret sur la gratuité des péages d’autoroute et est favorable à l’adoption des amendements déposés
dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances 2019 afin d’exonérer les SDIS de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits
Energétiques ou permettre leur remboursement partiel.
Intervenir sur le plan Organisationnel afin de prendre des mesures immédiates pour réduire les temps d’attente des Sapeurs-Pompiers aux
urgences et que la refonte du référentiel SDIS SAMU de 2008 ne se limite pas à organiser la réponse des Sapeurs-Pompiers aux carences
ambulancières. Il nous faut davantage travailler la considération des bilans transmis, ainsi que les réponses à apporter aux missions non urgentes
d’assistance aux personnes.
Il y a donc la nécessité d’une évolution des sapeurs-pompiers vers des techniciens de secours d’urgence en pratiquant des gestes permettant
une prise en charge plus rapide et plus efficace des victimes :
– tests de glycémie capillaire en notant sur ce point que ces derniers sont fournis en pharmacie aux personnes diabétiques et dont l’usage n’est pas autorisé aux sapeurspompiers,
– équipement des VSAV permettant de réaliser des électrocardiogrammes… le MI doit s’affranchir des blocages corporatistes de la Santé).
La mise en place d’indicateurs de qualité renforcés dans les SDIS afin de mieux piloter la mission.
Pour tout cela il faut briser les carcans réglementaires et bousculer les conservatismes dont notre pays s’est fait une spécialité.
II-Une consolidation de la force sapeurspompiers :


1/ Elle passe par une initiative gouvernementale Française auprès de l’Union européenne, avant la fin de l’actuelle mandature en mai 2019 pour
pérenniser l’engagement altruiste et généreux du Sapeur-Pompier Volontaire, socle du modèle de secours de nombreux Etats-membres, et
l’exclure du champ d’application de la Directive européenne de 2003 sur le temps de travail (DETT).

En Belgique, une dérive a conduit au fameux arrêt MATZAK de la Cour de Justice de l’Union Européenne.
Nous avons aussitôt alerté nos Parlementaires Essonniens le 10 septembre dernier sur le danger qui découle d’une telle décision et je tiens publiquement à les remercier pour leur soutien apporté en interpellant le Président de la République, le Ministre de tutelle mais aussi leurs
collègues au sein de l’hémicycle. Il est nécessaire de faire du choix de valeurs, un choix de société, un choix politique, indispensables pour faire face à un monde qui a changé et qui est devenu très individualiste ! C’est pourquoi ce sujet doit être porté par les partis politiques dans le cadre des
prochaines élections européennes.
L’acceptation de la qualification du SPV comme travailleur avec la transposition/déclinaison de la Directive de 2003 signerait la fin du volontariat et      par conséquent du modèle de secours Français.
Il convient aussi de noter qu’une telle décision entraînerait d’autres menaces. D’abord du fait du risque de contagion aux réserves opérationnelles de la Police et de la Gendarmerie nationales, mais
aussi de l’armée, sans oublier celui du monde associatif ainsi que de l’engagement des élus locaux. Un adjoint n’est-il pas en effet soumis
aux instructions de son maire, convoqué à des réunions et indemnisé en conséquence ? Moins de présence dans les territoires, moins de réponse
aux situations de détresse, plus aucune capacité de montée en puissance : est-ce la voie que nous souhaitons prendre ?
2/ Il faut un engagement immédiat de la déclinaison des 37 mesures du plan de relance 2019-2021 pour les SPV issu des préconisations du rapport de la Mission Volontariat : Les Sapeurs-Pompiers de France demandent que
le calendrier d’application soit respecté avec une mise en œuvre de la moitié de ces mesures d’ici la fin du premier trimestre 2019, puis l’autre moitié au plus tard 2021. Nous resterons vigilants sur 2
points : L’un portant sur les bonifications de retraite des
SPV au titre de la solidarité nationale (réforme
des retraites)

Le second sur l’avantage fiscal ou social en faveur des employeurs de Sapeurs-Pompiers Volontaires et ce qu’il relève du privé comme du public
3/ Garantir la cohésion statutaire pour les sapeurs-pompiers professionnels en contrepartie de leur engagement. Cela implique :
D’une part, de parachever d’ici le terme de la période transitoire fin 2019, la mise en œuvre de la réforme de la filière de 2012, en répondant
aux difficultés d’application observées dans près d’un tiers des SDIS, du fait de la rigidité des textes, de la particularité des situations locales ou des
difficultés financières.
Il s’agit de limiter au maximum le risque pour les sapeurs-pompiers (-30% des sergents et près de 40% des adjudants sont concernés au niveau
national), de ne plus pouvoir exercer certaines fonctions à compter du 1er janvier 2020, faute de promotion.
Comme vient de le recommander le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, le Gouvernement doit garantir l’application pleine et
entière de cette réforme au 1er janvier 2020.
D’autre part, de saisir l’opportunité de la revoyure en cours de la réforme des emplois supérieurs de direction pour en améliorer le point faible
c’est à dire les modalités d’accès des SapeursPompiers aux postes à l’État. L’enjeu porte sur une meilleure prise en compte de l’expertise et
des besoins des territoires.
Il faut pour cela lever le point de blocage résultant de la gestion de ce passage sous forme de mise à disposition, et offrir des garanties de continuité statutaire favorisant ces candidatures, notamment aux emplois de direction de la DGSCGC.
Sachez que la FNSPF reste par ailleurs favorable à la création d’un centre de gestion adossé à l’ENSOSP plutôt qu’au CNFPT, solution qui est la
seule vraiment adaptée à la gouvernance partagée des SDIS entre l’Etat et les collectivités locales.
4/ Enfin il faut protéger ceux qui protègent.
Par une prévention et lutte contre les agressions : Notre société doit répondre à ce phénomène inadmissible et inquiétant qui est en constante
progression, tant en volume, qu’en intensité.

Selon le Figaro du 12 septembre 2018 (source : ministère de l’Intérieur), il a été recensé sur les 8 premiers mois de l’année : 150 violences verbales, 105 jets de projectile, 250 agressions simples, 49 agressions avec arme. Il fait nul doute que ce recensement n’est pas exhaustif du fait que les informations ne sont pas toutes remontées systématiquement à notre Ministère.
Nous avons malheureusement l’exemple récent en Essonne de nos 2 collègues du Centre de Secours de Viry-Châtillon victime d’une agression
d’un homme de 23 ans dans la nuit du 6 au 7 novembre. ET je ne parlerai pas des voyous souhaitant mener une opération dite « la purge »
au soir d’Halloween et qui témoigne les conditions difficiles dans lesquelles nous devons intervenir.
Et ce phénomène ne se limite pas aux seules violences urbaines et aux quartiers dits sensibles.
Des agressions de plus en plus nombreuses sont également commises dans le cadre de missions d’assistance aux personnes en détresse sociale,
psychologique ou psychiatrique, à domicile ou sur la voie publique. Au-delà de l’action  menée par la FNSPF et son réseau pour alerter sur ce phénomène et faire en sorte que notre société protège celles et ceux qui la protège avec notamment la campagne de sensibilisation sur le web et les réseaux sociaux lancée avec le hashtag # Touche Pas à Mon Pompier, les pouvoirs publics doivent apporter des réponses.

Certes des premières mesures ont été prises, comme l’instruction du ministre de l’intérieur aux préfets le 13 mars 2018 pour évaluer et renforcer les protocoles existants, voire l’autorisation donnée aux sapeurs-pompiers par la loi du 3 août dernier d’être équipés de caméras piétons lors de leurs interventions, dont le décret d’application a été approuvé par la CNSIS le 25 octobre.
Bien qu’une dizaine de SDIS se soient portés candidats, ces caméras ne sont toutefois pas la solution miracle car elles n’empêcheront pas les personnes en crise d’agresser les SapeursPompiers comme ce fût le cas pour notre
collègue de la BSPP Geoffroy Henry victime d’un schizophrène le 4 septembre dernier à Villeneuve Saint Georges. Il convient d’ailleurs
de noter que leur utilisation est interdite au domicile des personnes, là où nous intervenons fréquemment pour porter secours, et que les quartiers urbains sensibles sont souvent équipés de vidéosurveillances raccordés au CSU.
Il faut que les interventions susceptibles de donner lieu à agression des sapeurs-pompiers puissent être identifiées dès la réponse à l’appel, et
déclencher ainsi l’envoi des forces de l’ordre aux côtés des sapeurs-pompiers. Il s’agit là d’un enjeu supplémentaire des plateformes communes 112.
Apprendre les règles est fondamental pour évoluer dans notre société, les appliquer permet à tous de savoir mieux vivre ensemble.
La convivialité citoyenne est avant tout une responsabilité qui nous donne des droits et des avantages mais aussi des règles et des obligations.
III- Concrétiser l’implication des sapeurspompiers dans l’ambition de faire de chaque citoyen le premier acteur de sa sécurité et de celle des autres.
Objectif du quinquennat qui reste à concrétiser et pour lequel deux leviers doivent le permettre.
1/ La formation de 80% de la population aux comportements et gestes qui sauvent :
Cette ambition présidentielle s’inscrit dans une dynamique portée par les Sapeurs-Pompiers de France (sessions de sensibilisation créées après les
attentats de 2015, Grande cause nationale 2016).
Le plan d’actions présenté en Conseil des ministres le 24 septembre et la circulaire du 2 octobre derniers sur la généralisation de la formation des
agents publics aux gestes de premiers secours reprennent nombre de propositions du rapport Pelloux-Faure de 2017. En particulier, la montée
en pleine puissance d’ici 2022, du dispositif mis en place en 2015 avec l’Education nationale pour la formation de 100% des jeunes avant leur sortie du collège. Il s’agit là d’un enjeu majeur pour la résilience de notre société.
Et nous pouvons nous féliciter des prérogatives entreprises en Essonne, qu’il s’agisse des enseignements dispensés dans les collèges, dans
certains Centres de Secours pour l’opération « pompiers juniors », comme tous ceux dispensés au Grand Public par les 65 Formateurs du pool
départemental de notre UDSP à qui j’adresse un message de sympathie et de reconnaissance.
Le service national universel (SNU) :
La Fédération a fait savoir que les SapeursPompiers de France sont prêts à répondre à l’objectif présidentiel et de donner un souffle nouveau à « la société de l’engagement » que nous espérons tous.
Le SNU doit permettre de sensibiliser l’ensemble d’une classe d’âge aux comportements et gestes qui sauvent mais aussi à l’engagement volontaire
en ouvrant son recrutement.
Malheureusement nous restons dans l’expectative, faute d’être associés à la définition du SNU et de ne pas être informés des modalités de participation
envisagées. Si l’état doute de nos capacités, qu’il n’hésite pas à observer ce dont nous avons été capables de faire avec la création notamment de
nos sections de Jeunes Sapeurs-Pompiers.
IV-Une meilleure association à la préparation et à  la gestion des crises.
Il faut plus largement combler nos lacunes pour permettre à notre pays de mieux faire face aux défis du terrorisme et des catastrophes climatiques
et plusieurs axes de progrès doivent être explorés.
Si l’on prend l’exemple du risque chimique :
Ni les Sapeurs-Pompiers de France, ni les élus des SDIS n’ont été associés et consultés sur la circulaire SGDSN n°700 du 2 octobre 2018 relative à la doctrine nationale d’emploi des moyens de secours et de soins face à une
action terroriste mettant en œuvre des matières radioactives.
Malgré les alertes lancées par la FNSPF depuis 2 mois et 2 réunions techniques avec la DGSCGC et le SGDSN, le texte vient d’être signé en l’état.
Bâti uniquement pour les plus grosses métropoles, il méconnaît totalement la diversité des réalités de terrain et le rôle des Sapeurs-Pompiers en termes
de réponse capacitaire en cas de survenance d’un tel événement, et risque de fragiliser la perception des enjeux et la pérennité des investissements par les élus des SDIS
Cela doit cesser : les Sapeurs-Pompiers de France doivent être associés aux travaux d’ores et déjà engagés dans le prolongement de cette circulaire.
Concernant la résilience des populations : nombre d’interventions de secours et de décès sont liés à des comportements inappropriés de la population, qui ne sait pas comment réagir. Une impulsion politique vigoureuse doit être donnée pour diffuser la culture de sécurité civile dans notre pays, il s’agit d’agir à tous les niveaux pour sensibiliser et informer sur les comportements qui sauvent.
Pour l’alerte des populations : les péripéties connues par l’application SAIP illustrent les difficultés en la matière. Le choix alors opéré d’utiliser les réseaux sociaux comme vecteurs prioritaires de l’information ne solde pas le sujet et des techniques complémentaires doivent être explorées.
Enfin la planification opérationnelle : la refonte prévue par la loi de modernisation de la sécurité civile de 2004 demeure inachevée.
Les sapeurs-pompiers, qui préparent et gèrent les crises de sécurité civile dans les territoires, sont 
insuffisamment intégrés aux services chargés de la
préparation de ces plans :
Au niveau central, la DGSCGC, à la différence de ses homologues de la Police et de la Gendarmerie nationales, n’est pas une direction métier.
Les sapeurs-pompiers sont aujourd’hui absents de l’équipe de direction, alors qu’ils devraient irriguer la direction générale. La revoyure en cours de la réforme des emplois supérieurs de direction de décembre 2016 doit donc lever les obstacles statutaires freinant la mobilité de cadres de sapeurs-pompiers à l’Etat.
De même, au niveau déconcentré, des mutualisations de moyens doivent être initiées dans les préfectures entre BDPC et SDIS.
Enfin, notre pays a besoin d’une véritable politique d’exercices, variés et réalistes, en grandeur réelle impliquant les autorités publiques, les services de 
secours et de sécurité mais aussi la population. Elle fait trop défaut dans les territoires, alors qu’elle est nécessaire pour acquérir une démarche mâture et cohérente de préparation à la gestion des crises.
Pour ce qui concerne l’actualité dans notre département et sans bien sûr revenir sur l’essentiel des thèmes évoqués par notre Secrétaire Générale
tout à l’heure, il est indispensable que notre Direction nous apporte son soutien :
– dans les travaux que nous devons partager pour le développement du volontariat, plutôt que de développer l’utilisation des associations en se substituant au rôle du SAMU,
– dans le développement des Dispositifs Prévisionnels de Secours au travers notamment de la récupération de 2 VSAV réformés,
– dans la formation des Sapeurs-Pompiers Volontaires en SSIAP en autorisant des Préventionnistes engagés dans le bénévolat à suivre l’enseignement complémentaire nécessaire,

– dans l’affectation de locaux de dimensions en adéquation avec le fonctionnement de notre Union départementale.


Parmi les projets envisagés figurent :
Le congrès départemental : Merci à notre Directeur d’avoir répondu favorablement à notre requête formulée à l’occasion de notre réunion
de bureau en juin dernier. Nous vous invitons donc tous à bloquer d’ores et déjà les dates du 15 et 16 juin 2019. A noter que le 16 juin
correspond à la date de la JNSP et qu’il s’agit-là d’un rendez-vous d’intérêt multiple. D’abord dans le cadre des relations avec le Grand Public du
fait qu’il est un moyen fort de communication en permettant d’être au plus près de la population, qui plus est dans un contexte hors secours. Ensuite
dans la connaissance du rôle, des missions et de l’organisation de notre SDIS avec l’opportunité de faire valoir nos compétences et notre savoirfaire. Enfin du fait qu’il représente une véritable aubaine pour remettre du lien intergénérationnel au sein de notre service et de notre réseau associatif dans la mesure où toutes les générations et catégories d’agents seraient invitées à participer à cet événement sans précédent.


La mise en place de DPS dès janvier prochain :
là encore l’intérêt est multiple. Il permet d’être davantage actif dans la manière de servir notre semblable en donnant la possibilité à nos retraités qui le souhaitent mais aussi nos Jeunes qui ne sont pas majeurs, d’intégrer un dispositif comprenant également des personnels en activité en mesure de leur faire part de leurs connaissances professionnelles. Autre point,
elle permettra de développer le volontariat en retenant des adolescents trop vieux pour être JSP et trop jeunes pour être recrutés SPV.

Enfin elle pourra être utilisée comme un moyen de soutien en cas d’événement majeur et ainsi contribuer à une meilleure association à la
préparation et la gestion des crises.
La construction de la maison des Sapeurs-Pompiers de l’Essonne : Pas d’échéancier du fait que le projet reste basé sur le mécénat que l’on pourra
obtenir après une large campagne d’information entreprise auprès des élus et partenaires de notre réseau associatif. Ce lieu unique pourra non
seulement nous permettre de remiser les quelques dizaines de véhicules Anciens qui constituent notre patrimoine, mais aussi un endroit où
chacun pourra venir échanger, toutes générations confondues et à sa convenance, sans oublier les formations en mesure d’être dispensées sur place.
Développer notre savoir-faire auprès des sociétés et établissements publics : Il passe par la mise en place de formations SSIAP à tous les  Sapeurspompiers volontaires qui peuvent en bénéficier et qui pourront, une fois l’unité de valeur acquise, faire l’objet d’une recommandation d’embauche en cas de recherche d’un travail.
Pour conclure : si nous voulons sauver notre système de secours Français, il faut assurer l’avenir du volontariat qui a pleinement sa place et reste
indispensable à la vie du service, notamment dans les zones rurales. Le centre de secours doit être un moyen de rencontre pour tous ceux qui
souhaitent prendre un engagement. Sensibiliser, responsabiliser, contrôler, encourager, voilà les mots d’ordre que nous devons garder en tête sans
oublier que la population nous fait constamment confiance, pensons-y sans cesse pour la mériter au lieu de nous glorifier.

Ce à quoi nous devons renoncer c’est la médiocrité, car tout ce que nous
entreprenons doit être mené à bien.
Rouget de l’ISLE a écrit un jour « Dans la vie l’homme le plus circonspect est soumis à des contingences qui, quoique conditionnelles, sont aussi soumises à un certain degré de relativité ».


Très bonne soirée à tous et merci de m’avoir écouté.

Commandant Patrick RAUSCHER

Président de l’U.D.S.P. 91